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Dimanche 12 mars 2006 7 12 /03 /Mars /2006 01:02

Inédit : un enregistrement rarissime de "Tisaal Lih Alaya" de Faïza Ahmed

2006-01-08 14:02:18

Ce soir dans Arabica à partir de 21h00, vous avez rendez-vous avec une voix des plus belles qu’a connu le monde arabe, la voix douce et exceptionnelle de Faïza Ahmed dans un enregistrement inédit sur les radios de sa chanson « Tisaal Lih Alaya ».

Faïza Ahmed, vous avez entendu ce nom et sa voix au moins une fois dans votre vie et à l’occasion de la Fête des Mères plus précisément. Elle est l’illustre interprête de « Sitt El Habayb ».

Faïza Ahmed est née en 1930 à Sidon (Saïda) au Liban d’un père syrien et une mère libanaise. Elle a vécu son enfance à Damas en Syrie. Dès l’âge de six ans sa passion pour la musique s’est manifestée, elle a commencé à interpréter les chansons d’Ismahène et de Leïla Mourad. Sous les yeux bienveillants de sa mère, elle commence à l’âge de 11 ans à recevoir des cours de musique et chant. Dès lors, la toute jeune Faïza Ahmed décide de faire de la musique sa vocation.

Après être engagée dans la radio libanaise, mariée et puis divorcée de Omar Enaami, à l’âge de 13 ans, et après la naissance de sa première fille, Feriel, Faïza Ahmed rebrousse chemin vers Damas. À Damas, elle échoue à l’audition de la radio damascène et se dirige vers Alep où elle anime plusieurs galas que la radio d’Alep a enregistré. La radio damascène a apprécié ces enregistrements, a regretté sa décision et a invité Faiza Ahmed à faire partie de son chorus. Faïza Ahmed a fait partie du chorus de la radio de Damas un moment et vers la fin des années quarante et le début des années cinquante elle décide d’entamer une carrière solo.

En 1954, Faiza Ahmed embarque vers l’Egypte, le Hollywood de l’Orient, où on l’engage sur le champ à la radio et où Mohamed El Mougy l’adopte artistiquement. Cette coopération avec Mohamed El Mougy a duré jusqu’aux derniers moments de sa vie et a donné le jour plusieurs chansons à l’instar de « Ana Albi Lik Mayel », qui fut sa toute première chanson en dialecte égyptien, « Habibi Wahichni », Yamma El Amar Al Bab » « Tamr Hinna », … Faïza Ahmed a chanté également des compositions de Mohamed Abdelwahab comme « Sitt El Habayb », « Tohgorny Bihkaya », ou « Hammal El Assia ».

Faiza Ahmed1

Au cours des années soixante, le cinéma a ouvert ses portes à Faïza Ahmed en lui offrant les rôles principaux de six films avec de grands réalisateurs comme Hassine Faouzi, Fatin Abdelwahab, etc. Faïza Ahmed s’est éteinte le 21 septembre 1983, quelque temps après avoir obtenu la nationalité égyptienne.

Tout au long de sa carrière artistique, Faïza Ahmed a enregistré plus de 320 chansons pour la radio aux côtés de 80 chansons pour la télévision, a tourné dans six films, a joué dans une opérette « Masr Baladna » composée par son mari pendant 17 ans Mohamed Soltane et a participé dans une série musicale radiophonique « Hadrett Acharifa » composée par Soltane également. À côté bien sur de plusieurs disques et cassettes portant ses plus belles chansons.

Faïza Ahmed à une voix exceptionnelle : elle est rugueuse mais agréable à l’oreille, au classement des voix féminines elle est mezzo soprano.

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Dimanche 12 mars 2006 7 12 /03 /Mars /2006 01:01

En 86, premier festival de raï en France

Paris 23/01/2006 -

Il y a tout juste deux décennies, le raï traversait la Méditerranée et arrivait en France pour le premier festival de Bobigny entièrement dédié à cette musique populaire oranaise. Il débutait le 23 janvier 1986 : une date historique qui marque le tout début des apparitions sur scène des stars d’aujourd’hui que sont Cheikha Rimitti, Khaled, Cheb Mami et bien d’autres. L’occasion de fêter cet anniversaire, en retraçant succinctement cette formidable saga culturelle algérienne.


"Il y avait une ambiance de folie car le public composé essentiellement d’immigrés algériens retrouvait ici, en France, une part de sa culture. Les gens venaient de toute l’Europe, afin de voir pour la première fois sur scène, les vedettes qu’ils connaissait quand ils étaient au pays", se souvient aujourd’hui Michel Levy, producteur indépendant et manager de Cheb Mami. Nous sommes le 23 janvier 1986, à Bobigny, en région parisienne, date du premier festival de raï organisé en terre française. Un événement qui a marqué les esprits et demeure aujourd’hui une référence, car ce rendez-vous a chamboulé la donne musicale.
C’était aussi la première fois qu’une manifestation avait lieu autour d’un style de musique festive : ce courant venu d’Oran. "Ce festival a été perçu comme un ovni culturel qui arrivait d’Algérie et parlait de sexe, d’alcool et de femmes", précise Michel Levy, le Monsieur raï de l’Hexagone. Trois jours durant, la crème du raï défile devant un public en liesse principalement communautaire. Composée des fameux Cheb Khaled et Cheb Mami, de la sulfureuse mamie Cheikha Rimitti, du couple infernal Sahraoui et Fadéla, du rossignol Cheb Hamid et de Raïna Raï, les premiers précurseurs du raï moderne, l’affiche dépasse toutes les espérances. Relayé par la presse française, ce festival organisé, en outre, par Martin Messonnier (célèbre manitou de la world music), marque la reconnaissance du raï en dehors du Maghreb. Une légitimité culturelle qui fait date. Car cette musique frondeuse aux paroles de la rue chantée en arabe dialectal n’a pas droit de cité en Algérie malgré sa popularité. "Il faut se rappeler que le pouvoir en place à l’époque avec son parti unique, le FLN, impose une culture arabo-musulmane unique. Dans ce système, le raï est marginalisé, il ne passe ni à la radio ni à la télévision. On ne peut l’entendre que sur K7 achetées dans les souk ou dans certains cabarets d’Oran, cette ville plus libertine que la capitale, avec son port ouvert sur le monde", explique Bouziane Daoudi, journaliste et auteur de livres sur le raï.

 

 

Une chanson arabe débridée

 

Comprenant la situation, le dénicheur de talent, Michel Levy, publie à Paris les deux premiers vinyles raï de Cheb Mami et de Cheb Khaled. Avec ses disques sous le bras, le producteur va démarcher les disquaires et les radios, car il est persuadé que ce style moderne avec ses voix chatoyantes, ses synthétiseurs et ses guitares électriques peut s’inscrire dans le paysage musical français. Mais après le phénomène Bobigny, l’accueil est mitigé dans les médias qui ont peur de choquer, en mettant en avant une chanson arabe débridée, loin des canons du classicisme oriental reconnu. Pourtant, le raï se vend à Paris, dans le quartier populaire de Barbès mais aussi à Lyon et Marseille. "Il y avait une vie culturelle parallèle qui était dans le ghetto. Quand les Français de souche un peu branchés ou curieux voulaient se procurer des disques de raï, ils allaient à Barbès chez les épiciers-éditeurs et non chez les grands disquaires de la place. C’était un véritable marché malgré l’absence d’éclairage médiatique", rappelle Michel Levy.

Au fil des années, le bouche à oreille aidant, le raï s’installe dans les bacs des grands distributeurs. Et en 1992, Cheb Khaled explose au Top 50 avec son titre Didi. Une première pour un chanteur arabe. A 32 ans, la star oranaise figure dans le classement des meilleurs ventes de disques en France. Du jamais vu ! D’après Michel Levy, le succès de Didi - tube planétaire qui était en fait une reprise du répertoire populaire -, a été fabriqué par Polygram, la major qui s’occupe de Khaled : "A cette époque, les ventes de disques n’étaient pas calculées comme aujourd’hui au nombre d’unités passées en caisse, mais par les mises en place dans les magasins. Polygram réussit un coup de maître en injectant plus de 20000 exemplaires dans les rayons. Résultat, Khaled monte mécaniquement dans ce classement français". Même s’il s’agit d’une opération marketing bien orchestrée par une grosse maison de disques, Didi permet tout de même au raï d’acquérir une dimension internationale irréversible. Un envol encouragé par la politique du ministre socialiste, Jack Lang, qui défend déjà l’idée d’un paysage français multiculturel. Du coup, la génération beur (née en France) dans la foulée du mouvement SOS Racisme se reconnaît dans le raï, elle qui, jusque-là, trouvait cette musique ringarde avec ses origines du bled.

 

Hasni assassiné

 

Avec cet essor, les cheb et les cheba se multiplient et chacun y va de son genre : raï-trab (raï du terroir), raï-love, pop-raï… Alors que ce mouvement musical, d’origine bédouine née grâce aux femmes dans les années 20, bat son plein sur le pavé parisien, de l’autre côté de la Méditerranée, l’Algérie traverse une guerre civile non-avouée sans précédent. L’année 1994 est endeuillé par l’assassinat de Cheb Hasni, le 4 septembre, par un fondamentaliste dans son quartier natal à Oran. "Le chanteur de l’amour victime de la haine", titre le quotidien francophone algérien Le Matin. Bouziane Daoudi se remémore : "Il y avait une menace pour les artistes et les intellectuels en général. Le fait que Cheb Hasni tombe sous les balles devant son domicile a déclenché un exil culturel. Par exemple, au lendemain de cette tragédie, Sahraoui et Fadéla ont quitté sur le champ l’Algérie".
Cette nouvelle vague de migration artistique contribue à ce que Paris devienne la plus grande capitale du raï au monde au détriment d’Oran. Deux ans plus tard, le 26 septembre 1998 , les raïmen font toujours parler d’eux avec le mémorable concert "Un, deux, trois… soleils" réunissant Khaled, Rachid Taha et Faudel au Palais Omnisport de Paris-Bercy bourré à craquer. Les années 2000 tournent une autre page de l’histoire de cette musique. Outre le jeune Faudel qui, en francisant le raï, a parfaitement intégré le système commercial, d’autres enfants du raï renouvellent le genre. Ils n’hésitent pas à le marier à différents courants grâce à la technologie et donnent naissance au rap-raï, à l’électro-raï ou au raï’n’b.
Deux décennies après avoir débarqué en France, cette chanson algérienne n’a semble-t-il pas dit son dernier mot. Selon Michel Levy "dans les années à venir, le raï va devenir une musique recomposée qui s’appellera toujours pareil. Mais elle n’aura rien à voir avec ce qui c’est fait auparavant, parce que les paramètres socio-culturels sont désormais différents". Rendez-vous dans vingt ans !

Daniel Lieuze


Voir en ligne : http://www.rfimusique.com/.
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Dimanche 12 mars 2006 7 12 /03 /Mars /2006 01:01

Université Paris Sorbonne (Paris IV)
U.F.R. de Musique et Musicologie
École doctorale Concepts et Langages
Centre de Recherche Patrimoines et Langages Musicaux
Séminaire d’Études Etnomusicologiques de Paris-Sorbonne
Avec le soutien de la DRAC Île-de-France

Conférences du professeur Dwight Reynolds Dwight F. Reynolds, Professor Arabic Language & Litterature, Department of Religious Studies, University of California, Santa Barbara, qui a obtenu le prix d’ethnomusicologie de Paris-Sorbonne pour la meilleure communication au congrès du cinquantenaire de la Society of Ethnomusicology (SEM), donnera deux conférences à l’invitation du SÉEM-PS :

  • Musical aspects of Dar al-Tiraz the only medieval text that deals with the muwashshah genre in detail

     

    Wednesday April 5, 7:00 p.m., amphitheatre Milne-Edwards le mercredi 5 avril 2006 de 19 H à 21 H amphithéâtre Milne-Edwards, en Sorbonne

     

  • The revival of Andalusian music in contemporary Spain

     

    dans le cadre du séminaire de Jérôme Cler et François Picard Thursday April 6, 7:00 p.m., J 326 le jeudi 6 avril 2006 de 19 H à 21 H salle J326, en Sorbonne

     

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Dimanche 12 mars 2006 7 12 /03 /Mars /2006 01:00

Conférence publique à l’Université Paris-Sorbonne
Salle des Actes
Vendredi 31 mars à 16 heures
MUSIQUE DE L’EPOQUE ABBASSIDE (750-1258) : LE LEGS DE ṢAFIY A-D-DIN AL-URMAWI (D. 1294)

par Nidaa Abou Mrad
directeur l’Institut Supérieur de Musique de l’Université Antonine au Liban

La tradition musicale savante de l’Orient arabe a connu son apogée au cours du califat abbasside (750-1258). Constituée à partir des traditions citadines populaires de la Mecque et de la Médine, transportées à Damas, puis à Bagdad, et de la confrontation de ces dernières aux traditions savantes byzantine et persane, la musique artistique arabe médiévale s’est dotée, à partir du IXe siècle, d’une théorie inspirée des traités antiques grecs. Le système musical de cette tradition (du moyen âge jusqu’à ce jour) est monodique modal, privilégiant les échelles à intervalles neutres.

L’histoire retient les noms des grands musiciens de l’Age d’Or Abbasside, Ibrahim et Ishāq al-Mawṣilī, Manṣūr Zalzal Ziriyāb et Ibrahim ibn al-Mahdī, et ceux d’illustres théoriciens de cet art, tels que al-Fārābī, Avicenne et Ṣafiy a-d-Dīn al-Urmawī (d. 1294).

Ce dernier a réalisé une importante synthèse des connaissances relatives à la tradition musicale savante commune arabe, persane et turque de son époque. Il a notamment mis au point un système de notation alphabétique et numérique, grâce auquel plusieurs pièces vocales et instrumentales sont parvenues à notre époque, seul témoignage de la grande musique médiévale arabe.

Nidaa Abou Mrad, musicologue et musicien libanais, directeur l’Institut Supérieur de Musique de l’Université Antonine au Liban, a transcrit ce legs et l’a fait entendre pour la première fois depuis la fin du moyen âge.

La conférence publique qu’il donne le 31 mars à l’Université Paris-Sorbonne, constitue un prélude à la recréation européenne de la musique de l’époque Abbasside par l’Ensemble de Musique Classique Arabe de l’Université Antonine, le 3 avril à l’Auditorium du Louvre, dans le cadre du Festival de l’imaginaire organisé par la Maison des Cultures du Monde (la sortie du CD dans la collection Inédit étant concomitante).

A ladite conférence, Nidaa Abou Mrad donnera un aperçu de la musique savante médiévale arabe orientale et décrira la démarche de revivification des manuscrits musicaux abbassides, qui n’est pas sans rappeler le travail des musiciens médiévistes européens.

Résumé très succinct :

Musique de l’époque abbasside (750-1258) : le legs de Ṣafiy a-d-Dīn al-Urmawī (d. 1294) - Conférence publique à l’Université Paris-Sorbonne - Vendredi 31 mars à 16 heures - Avec Nidaa Abou Mrad : Nidaa Abou Mrad donne à cette conférence un aperçu global de la musique savante médiévale arabe orientale et décrit son travail de transcription et de revivification des séquences de la fin du règne abbasside, notées par Ṣafiy a-d-Dīn al-Urmawī (d. 1294), qui n’est pas sans rappeler la démarche des musiciens médiévistes européens.

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Dimanche 12 mars 2006 7 12 /03 /Mars /2006 00:59
Le maqam, sésame pour la création musicale ?

 

Par ces temps de migration planétaire généralisée, la question de la rencontre humaine est au cœur du désir artistique, et du désir musical. Plus vite migrent les esthétiques et les cultures, plus urgente devient la nécessité de langages musicaux neufs élaborés entre musiciens. Je te parle, tu me parles. Dans quelle langue ? Ceux qui pensent que pour imaginer les musiques de demain, il suffit de bâtir artificiellement un esperanto musical sur les décombres des cultures, se satisferont des collages hâtifs que permet l’informatique musicale en ligne. Ceux qui croient à l’inverse qu’il est urgent de construire des langages en commun, mais en les modelant longuement à partir de ce que les cultures ont su produire de meilleur, seront attentifs à cette intuition que les maqams pourraient être une idée neuve en Orient, en Europe, et au delà. Arborescence de modes qui se ramifie de l’Asie centrale au Maghreb jusqu’en Andalousie, et d’Istanbul aux Balkans, les maqams ont été transmis nombreux au fil des générations. Ils constituent toujours une grande richesse. Mais pourquoi les considérer comme un trésor enfermé à double tour dans le coffre de la tradition ? Pourquoi ne pas les voir, à l’inverse, comme une valeur d’échange musical, que les musiciens peuvent à nouveau faire circuler entre les cultures, dans la perspective de la création ? Espace-temps propice aux croisements de langages musicaux, Royaumont propose cette vision du maqam comme sésame.

Frédéric Deval Directeur du Département de Musiques Orales et Improvisées de la Fondation Royaumont

Le Maqâm, du XXe au XXIe siècle

Dans l’évolution de la musique occidentale, la notion de maqam a été inopérante tout au long du XXe siècle. L’évolution occidentale s’est tournée vers une musique non tonale, non modale et surtout a-mélodique. Les choses ont changé depuis. L’idée de modalité fait un retour remarquable sur l’échiquier musical occidental, avec cette différence notable qu’il ne s’agit plus de revenir à la notion d’une modalité telle que la fin du XIXe siècle l’a abordée (en particulier chez un Saint-Saëns), mais de l’élargir. Par ailleurs, au Proche-Orient, et en vertu de la séparation des cultures arabe, persane et iranienne qui se renforce au XXe siècle, l’idée de " passerelle " a été loin de constituer un mot d’ordre : elle n’était pas alors dans l’esprit du temps. Chaque culture s’est redéfinie séparément et sur son propre terrain. Parallèlement, la notion de maqam a été suivie avec une grande attention dans la première moitié du XXe siècle, où elle a soulevé de nombreux débats. Mais ces débats sont restés circonscrits à un cercle de spécialistes particulièrement préoccupés par la recherche ; ils n’ont pas été affectés par l’idée d’une création maqamienne, qui à l’époque ne s’imposait guère et n’était pas du tout dans le cahier des charges du musicien. La portée du maqam, entrevue sur un plan analytique et par unité indépendante, n’a pas eu d’incidence sur la composition de manière générale (Congrès du Caire de 1932, écrits de Rodolphe d’Erlanger). En revanche l’impact pédagogique a été immense.Par conséquent, il ne s’agit pas non plus de définir le maqam en soi, de l’analyser, bien qu’implicitement cette question doit être soulevée. Il ne s’agit pas non plus d’en dresser l’inventaire et d’en rédiger le catalogue. Depuis, les tenants du maqam sont parvenus à une double distinction : celle d’un maqam formulaire et celle d’un maqam scalaire. Les deux domaines ont pris une grande extension et un cheminement séparé. Chacun a fait école, le premier concept plus largement répandu en Occident, le second concept davantage représenté en Orient. Le but de la rencontre de Royaumont est d’envisager la possibilité d’une compatibilité entre maqam arabe, makam turc, dastgâh iranien et, si possible, leur correspondance en Asie centrale, et d’arriver à jeter les bases d’un langage nouveau. Parmi les démarches à envisager, une lecture comparative prendrait en compte les trois principaux systèmes (maqam, makam, dastgâh) dans leur articulation technique, et pourrait être formulée de la manière suivante : comment se déroule le cheminement de la modalité dans le cadre d’une improvisation, dans la tessiture grave, dans la tessiture moyenne, et dans la tessiture aiguë, pour chacun des systèmes donnés ? Il serait ensuite question d’évaluer les possibilités modulatoires d’un système vers l’autre (du maqâm au makam, et au dastgâh), d’envisager si une notion de trans-maqam ou de métamaqam peut être formulée dans le cadre d’une " nouvelle tradition " ou dans une vision compositionnelle plus large et plus moderne, sans s’assujettir aux règles de grammaire occidentales. Cette notion doit être élaborée en envisageant les différents instruments traditionnels et leurs homologues occidentaux. En conclusion : Entre l’idée du maqam et l’idée de la création maqamienne telle qu’elle pourrait se présenter à l’orée du XXIe siècle, il y a une différence sensible : celle qui consiste à dépasser l’étude en soi, technique et approfondie, du maqam / makam / dastgâh, afin de prendre conscience d’un univers nouveau, polyculturel mais compatible, articulé autour de plusieurs systèmes.

Christian Poché Ethnomusicolgue, producteur à Radio France

Programme

Direction : Christian Poché

vendredi 7 octobre de 10h00 à 12h30

I. L’héritage

1. Le tronc commun des maqams Christian Poché 2. Une analyse comparatiste : 4 exemples : ottoman, persan, arabe, flamenco Amine Beyhom 3. L’improvisation dans la musique et la langue arabe Mohammed Qadri Dalal 4 . Les deux extrémités de la géoculture des maqams : Irak et Maghreb Samiha Ben Saïd 5. La mémoire orientale inconsciente du Flamenco Francisco de La Rosa

de 15h00 à 18h30

II. La création Ce qu’en disent les musiciens

1. La question de l’artiste Kudsi Erguner 2. La circulation intra-maqams Daryush Tala’i 3. An experience of trans-modal creation Ross Daly 4. La trahison du maqam Zad Moultaka 5. Les rapports maqams / composition dans l’ex-URSS Munira Shahidi 6. Le tétracorde oriental et la recherche harmonique et polyphonique Nuri Iskandar 7. Espace et maqam Fawaz Baker

samedi 8 octobre de 11h30 à 13h00

II. La création (suite) Ce qu’en disent l’écrivain et le peintre

témoignages Gamal Ghitany et Farid Belkhahia Table ronde Christian Poché, Hassan Abbas, Maati Kabbal, Gamal Ghitany, Farid Belkahia, Frédéric Deval

III. Conclusion Le Maqam, sésame pour la création musicale ? Christian Poché et Frédéric Deval

Intervenants

Hassan Abbas est professeur à l’Institut Français du Proche-Orient et à l’Institut Supérieur d’Arts Dramatiques à Damas. Il travaille actuellement sur les rapports entre le culturel et le politique dans la Syrie contemporaine.

Fawaz Baker est architecte et musicologue. Né en 1960 à Alep (Syrie), il travaille à des recherches sur la théorie des maqams.

Farid Belkahia, né en 1934, est l’un des artistes peintres contemporains majeurs du Maroc. Il n’hésite pas à faire dialoguer le monde des signes, hérité de la culture traditionnelle, avec le monde de la création, tous deux reliés à la sensualité du corps. Il vit et travaille à Marrakech.

Samiha Ben Saïd, née en1965, titulaire d’un Doctorat obtenu en 2003 à Paris IV Sorbonne, elle est actuellement maitre assistant à l’Institut Supérieur de Musique de Sfax (Tunisie). Comme joueuse de qanûn, elle a participé à de nombreuses tournées au sein de formations de musique traditionelle arabe et de jazz.

Amine Beyhom est musicologue et poursuit des recherches sur le concept de maqam et sur la " systématique modale ". Il vit et travaille à Beyrouth (Liban).

Ross Daly, d’origine irlandaise, a parcouru un itinéraire musical qui l’a mené de San Francisco à l’Inde en passant par la Turquie et l’Afghanistan. C’est en Crète qu’il se fixe, évoluant comme compositeur entre les héritages musicaux orientaux ; il joue de nombreux instruments à cordes orientaux (lira, etc.) ; il y dirige l’atelier musical " Labyrinth ".

Frédéric Deval, né en 1951 à Paris, est directeur du Département Musiques Orales et Improvisées de la Fondation Royaumont. Il est également essayiste.

Kudsi Erguner, est né à Istanbul en 1952 dans une famille de tradition musicale et soufie. Il est un maître du ney et un transmetteur de l’héritage musical ottoman. Il vit et travaille à Paris.

Gamal Ghitany, né en 1945, est un des plus grands écrivains égyptiens contemporains. Son oeuvre est éditée en France aux éditions du Seuil ainsi que chez Actes Sud. Journaliste influent, il dirige depuis qu’il l’a créé en 1993 Akhbar al-Adab, une des principales revues littéraires arabes.

Nuri Iskandar est compositeur et chercheur. Expert de la musique syriaque ancienne. Il vit et travaille à Alep (Syrie).

Maati Kabbal est chargé depuis 1997 des actions culturelles de l’Institut du Monde Arabe à Paris. Il collabore régulièrement à différents quotidiens et périodiques du Maroc.

Zad Moultaka, né à Beyrouth (Liban) en 1967, est compositeur et pianiste. Il développe une œuvre à la charnière de l’écriture musicale européenne et de l’oralité arabe. Il vit et travaille à Paris.

Christian Poché est ethnomusicologue et musicologue. Il vit et travaille à Paris. Il est également producteur à Radio France. Il publie en 2005 le "Dictionnaire des musiques traditionnelles de la Méditerranée ".

Mohammed Qadri Dalal, né en 1946 à Alep (Syrie), Mohammed Qadri Dalal incarne l’école alépine du oud arabe. Il est également directeur du Conservatoire de musique d’Alep.

Francisco de la Rosa, né en 1953 à Jerez de la Frontera (Andalousie / Espagne), est écrivain. Egalement musicien, il est un connaisseur avisé du Flamenco et de son esthétique. Il vit et travaille à Paris.

Munira Shahidi est directrice de la Fondation Culturelle Internationale de Douchanbe (Tadjikistan) où elle vit et travaille. Elle mène actuellement des travaux sur le rôle de la musique, de la littérature et de l’art dans la formation des identités modernes. Elle est par ailleurs rédactrice en chef de la revue Fonus.

Daryush Tala’i, né en 1952 à Téhéran (Iran), est considéré comme l’un des maîtres de la musique persane et des luths tar et setar. Il enseigne à l’Université de Téhéran mais aussi régulièrement en France et aux USA.


Voir en ligne : http://www.royaumont.com.
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